Mercredi 27 mai 2009


POURQUOI LES IMPRESSIONNISTES !

 

Les peintres impressionnistes ont été dénigrés en leur temps. Ils font pourtant l’objet aujourd’hui d’une admiration incomparable sur le marché de l’art. Il est indéniable que les découvertes scientifiques de leur époque ont ouvert la voie de l’art moderne et même de l’art abstrait. La loi du contraste simultané des couleurs inspirée par Eugène Chevreul et la juxtaposition des couleurs en touches libres a révolutionné le monde de l’art. Alors pourquoi cette injustice et ce manque de reconnaissance en leur temps ?

 

Les sommets atteints par les ventes de Monet nous feraient presque oublier l’accueil mitigé que reçurent ses œuvres en 1874, lors de la première exposition de toiles impressionnistes à Paris. La cote des œuvres de Van Gogh est presque indécente au regard de ce que fut sa vie pauvre et misérable.

 

La cause de cet engouement pour les impressionnistes de nos jours pourrait être : « dans un intérêt spéculatif » ou parce qu’ « un peintre mort vaut mieux qu’un peintre vivant », mais il n’en est rien. Au-delà de l’argent et des spéculations des amateurs d’art, c’est tout simplement parce que les « marchands de tableaux » de l’époque n’étaient nullement conscients de ce qu’allait devenir l’expression artistique picturale véritable et la valeur de l’interprétation. Ils en étaient encore à comparer la peinture avec la photographie qui venait de faire son apparition. Bien sûr, il ne pouvait en être autrement puisque rien ne laissait supposer que la peinture allait se différencier à ce point de la photographie au profit d’une ère nouvelle et hautement créatrice : celle de « l’art moderne ».

 

On peut dire que les peintres impressionnistes sont à l’origine de l’art pictural véritable au sens le plus noble du terme parce qu’ils ont su interpréter la nature sans la déformer et sans l’outrager. Amoureux inconditionnels de celle-ci, ils ont su la désirer et l’aimer à leur façon autant qu’un homme pourra désirer et aimer une femme tout en la respectant. Ils ont su la mettre en valeur en y ajoutant leur touche personnelle et en transcendant leurs émotions du moment. Les véritables œuvres d’art étaient nées parce qu’elles transcrivaient la sensibilité de l’artiste et non la réalité de la vie. Elles traduisaient des émotions. Elles avaient « une âme ». Elles étaient le « reflet de l’âme de l’artiste, saisie dans un instant d’égarement et figée pour l’éternité ». Elles étaient un hymne à la vie et non une pâle reproduction de la nature, si belle soit-elle. Elles étaient enfin le témoignage d’une époque, de même que les premiers hommes des cavernes apportaient le témoignage de la leur par le truchement des dessins rupestres.

 

Jusque là, nous n’avions connu que des œuvres magistralement exécutées, certes,  par des peintres tels que Léonard de Vinci et d’autres artistes bien moins connus de par le monde. Leurs fresques étaient tout à fait remarquables mais plus proches de l’artisanat et de l’architecture que de l’art. Elles étaient magnifiques par leur exécution mais faites sur commande et surtout décoratives. Plus tard, bien avant la découverte de la photographie, les peintres se sont évertués à réaliser des œuvres aussi magistrales que réalistes, aussi fidèles que possible à la réalité. Leur paysages, leurs portraits et leurs académies étaient fulgurants de beauté mais sans style.

 

Après l’invention de la photographie, la beauté de la nature saisie sur la pellicule d’une manière encore plus parfaite, il n’était plus nécessaire de la peindre telle qu’elle était. Seul, l’amour du peintre et sa façon de la regarder avait un intérêt pour l’art parce que les émotions et la sensibilité sont le propre de l’homme et que tout être humain porte en lui les stigmates de son vécu. Ce vécu enrichit toute création d’une singulière sincérité dans la manière d’appréhender la vie. Une femme, si belle soit-elle, a besoin d’être aimée et d’être mise en valeur pour que sa beauté resplendisse. Les sentiments et les émotions de celui ou de celle qui aime  avec un vécu qui lui est propre, subliment sa vision de la réalité. Elle deviendra plus belle à ses yeux et il saura la décrire telle qu’il la voit et non telle qu’elle est réellement. Tout ici bas n’est qu’illusion d’optique et emprunt de subjectivité. La beauté même est subjective et la vie est telle que nous la voyons et non telle qu’elle est réellement. La perspective est une illusion d’optique. Les couleurs que nous voyons n’existent pas. Elles sont analysées par notre œil par le truchement de la lumière car les couleurs sont contenues dans lumière.

 

C’est ainsi que les impressionnistes ont « inventé » l’art d’interpréter et par-là même de créer leur propre vision du monde. Ils ont su créer une atmosphère, une ambiance… une « impression » de la vie de tous les jours, à chaque instant, en chaque saison. Ils étaient les « visionnaires » de leur temps mais incompris parce qu’en avance sur celui-ci.

 

De nos jours, rien ne différencie les peintres figuratifs des peintres impressionnistes d’autrefois car ils continuent à faire l’objet de critiques acerbes et injustes mais pas pour les mêmes raisons. En fait, on est passé de l’art figuratif à l’art abstrait, puis à l’art dit « moderne », puis aux tags, en reléguant les peintres figuratifs au dernier rang et en méprisant la nature. En fait, on a atteint un point de non-retour aussi regrettable que le dessin même soit devenu secondaire et que l’expression artistique soit devenue l’art de faire « n’importe quoi ». Il est grand temps de faire le chemin inverse et de revenir à la nature et au dessin, de même que l’on revient à l’écologie et au respect de la nature.

 

L’art est né de l’observation de la nature et de son harmonie. Les impressionnistes y ont puisé toute leur inspiration mais ont ajouté leur vision particulière de la vie et de leur époque. Les Commissaires Priseurs vendent des toiles impressionnistes à des prix exorbitants parce que des collectionneurs spéculent sur des œuvres anciennes tout en boudant les œuvres récentes. Les  Galeristes savent que la demande émane d’acheteurs qui recherchent des « peintres morts » au détriment des peintres vivants. Ils savent aussi que le phénomène de mode agit sur le mental des acheteurs qui attachent un intérêt démesuré pour des œuvres qui ne représentent rien plutôt que des œuvres représentant des paysages peints par des artistes figuratifs contemporains. Picasso avait compris que son talent de dessinateur n’intéressait personne et n'a obtenu son succès qu'en déformant la nature, mais sa démarche créative était intéressante. Du figuratif au cubisme, il a su y apporter sa touche personnelle et incomparable. Toffoli a lui aussi été un immense artiste dans sa démarche qui consistait à ne garder que l’essentiel d’un personnage ou d’une scène dans un florilège de couleurs entrecroisées judicieusement. On pourrait citer tant d’autres peintres dont la célébrité n’a d’égale que leur originalité dans la créativité. Salvadore Dali était aussi un surréaliste ingénieux, mais tous étaient à la base d’excellents dessinateurs figuratifs et avaient une parfaite connaissance du dessin.

 

Il n’est pas dans mes intentions de faire le procès de l’art abstrait ou de l’art moderne parce qu’ils ont eux aussi leur place dans le monde de l’art lorsqu’ils respectent l’harmonie des formes et des couleurs, lorsqu’ils sont l’expression d’une démarche artistique personnelle et non d’un « dadaïsme débridé », mais je déplore le manque de respect pour tous les artistes qui produisent des œuvres de qualité et que l’on méprise parce que trop figuratifs. Je pense que les peintres figuratifs contemporains auront leur revanche un jour de même que les impressionnistes. Gageons que ce sera cette fois-ci de leur vivant.

 

D’autre part, il est inutile d’essayer de copier les styles pour être « moderne » car chaque artiste se doit de créer sa propre vision du monde en transcendant ses émotions. Sa sensibilité et ses « états d’âme » du moment sont plus importants qu’une démarche mercantile stérile et sans créativité. Il peut créer sa propre technique picturale mais doit obéir aux lois fondamentales du dessin, de l’harmonie des couleurs, des techniques de base et de la composition. Il peut peindre à la brosse ou au couteau, ensemble ou séparément, mais doit éviter les techniques dites « mixtes », ce qui ne veut rien dire. Une œuvre d’art n’est pas un mélange d’ingrédients mais de couleurs et de sensibilité. Elle doit être unique, irremplaçable et impossible à reproduire, qu’elle soit picturale, musicale, sculpturale ou littéraire. Bien sûr, elle peut être interprétée différemment par d’autres artistes car interpréter n’est pas copier. La valeur d’une œuvre d’art est inestimable pour un profane et parfois incomprise, mais elle le devient pour un expert qui sait apprécier la technique mais aussi la sensibilité de l’artiste et surtout son originalité.

 

Au risque de me répéter, je pense que « l’art moderne » ne doit pas être « n’importe quoi » et ne doit pas être considéré comme tel d’ailleurs. L’art obéit à des règles et des lois autant qu’à la sensibilité de l’artiste. J’en veux pour exemple « les tags » qui ne peuvent être considérés comme de l’art et qui, pourtant, ont fait l’objet récemment d’une exposition au Grand Palais. Nous vivons une époque où tout est permis mais il y a des limites que nous ne devons pas dépasser, notamment dans la classification des genres. Les extrêmes ne sont jamais de bon aloi.

 

Figurative, abstraite, symbolique ou surréaliste, chaque œuvre d’art doit être appréciée à sa juste valeur, c’est à dire surtout à celle de l’artiste qui l’a créée et ses capacités d’expression toujours positive et constructive, en un mot : « créative ». Si les impressionnistes nous ont montré le chemin de l’art moderne, ils nous ont surtout appris à traduire nos émotions, nos sentiments, une ambiance, une atmosphère et une sensibilité.

 

Les artistes que je vous présente sous cette rubrique, sont de véritables artistes par la beauté de leur interprétation et de leurs techniques mais aussi par leur travail, leur démarche, leur amour de la nature et leur grandeur d’âme. Leur sensibilité exacerbée par leur talent nous offre des œuvres d’une qualité remarquable, exceptionnelle et incomparable. 

 

 

Michel JOUENNE

 

Véritable paysagiste, Michel JOUENNE conjugue les quatre éléments, la terre, l’air, l’eau et le feu sur ses toiles. L’homme est sans aucun doute à l’image de sa peinture. Grand et solide, il promène sa silhouette vigoureuse et rustique à Meudon, près de Paris, où il vit. Sa peinture est traitée tout en matière, sans ménagement pour les tubes qu’il écrase de ses puissants doigts. Cet homme des quatre vents fait corps avec la nature. En parfaite osmose avec elle, il déclare lui-même « la nature est ma maîtresse ! Je tire d’elle, de ma relation physique avec les paysages auxquels je m’identifie et avec les quatre éléments fondamentaux qui les composent, une jouissance librement sensorielle. Je n’ai pas d’autre message à traduire, dans ma peinture, que l’expression du plaisir que cette pénétration me procure ».

 

Michel JOUENNE aime les herbes folles, les buissons sauvage et les chemins de terre. Regarder sa peinture, c’est entrer dans un univers d’émotions essentiellement rustiques. On peut y rester des heures mais on n'aura jamais fini d’en épuiser la richesse tant il se donne entièrement à elle. Jouisseur par nature, on y ressent toute la sensualité de l’homme qui, après un bon repas prend la vie à pleines mains et entre dans sa toile comme on étreint une femme.   

 

Il aime la vie et aime à dire « pour moi vivre c’est peindre et peindre c’est vivre ». Il ne compte plus ses titres honorifiques et ses récompenses. Né le 25 janvier 1933, il peint ses premières gouaches au Lycée  Claude Bernard en 1947 puis expose trois aquarelles au Salon de Versailles en 1949 dont une est primée. Après avoir passé le concours du professorat de dessin de la Ville de Paris en 1955, il exécutera ses premières huiles en 1956. Dès lors, ses œuvres vont connaître un succès mondial et Michel JOUENNE ne va cesser d’étonner la galerie.  

 

  Sa technique consiste à saisir sur le vif ce qu’il voit qu’il traduit rapidement sur un carnet de croquis. Il attaque ensuite directement la toile, sans dessin préalable, de façon à n’avoir aucune contrainte et garder sa liberté d’expression. Il joue avec la matière comme un musicien de jazz le ferait dans son improvisation personnelle.

 

Michel JOUENNE est un Maître incontesté de l’art figuratif et de la matière qu’il travaille au pinceau et au couteau. Sa gestuelle est rapide mais précise. Les aspérités qu’il laisse volontairement ça et là accrochent la lumière de façon remarquable.

 

Invité d’honneur au 31ème Salon du Val de Viosne à OSNY en 2007, il a laissé aux osnyssois un souvenir impérissable par sa gentillesse et de sa bonhomie.  

      

 

Christophe DUFLOT

 

Christophe DUFLOT est un dessinateur inné. Depuis son plus jeune âge, le dessin a toujours été sa passion première. Après ses études secondaires, il choisit de s’orienter vers une carrière de graphiste publicitaire mais l’étude des impressionnistes vont lui faire découvrir une nouvelle passion, celle de la peinture.

 

Il se met à peindre avec frénésie en 1988 et s’initie à toutes les techniques. La gouache, l’aquarelle, l’acrylique et l’huile n’auront plus de secret pour lui. Peintre figuratif par excellence, il veut être le témoin de son temps et figer pour la postérité des paysages destinés à disparaître. Il peint aussi des scènes de marchés ou de plages où les personnages sont à l’honneur pour traduire une ambiance à la manière des impressionnistes. Il n’hésite pas non plus à peindre des voitures, des péniches ou des machines agricoles.

 

Christophe DUFLOT peint essentiellement sur motif. Il commence par un fond neutre puis attaque la couleur avec une rapidité étonnante. L’œil du Maître est infaillible. Tout est traduit sur la toile en un clin d’œil. Les brosses et les pinceaux virevoltent dans l’air comme le ferait la baguette d’un chef d’orchestre. Quelle maestria dans la gestuelle ! Il faut voir Christophe DUFLOT travailler pour comprendre ce que signifie « peindre sur le motif ».

 

Pourtant l’homme reste modeste. Du haut de sa grande taille, il déclare : « nous sommes tous des amateurs » ou encore : « un peintre doit évoluer sans s’imposer de barrières, surtout mercantiles,  du genre quels formats, quelles techniques ou quels sujets se vendent le mieux ». Il reste fidèle à ses sentiments et ses émotions et son publique ne s’y trompe guère. Christophe DUFLOT remporte partout, au fil de ses expositions personnelles, un succès mérité pour son talent et pour sa gentillesse.

 

Depuis peu, il affectionne de nouvelles techniques telles que le pastel ou d’autres techniques mixtes et nous avons pu admirer récemment une exposition de pastels tout à fait remarquable à l’Office du Tourisme de l’Isle-Adam.

 

        

Micha ARKHIPOV

 

Micha ARKHIPOV est né en 1963 en Russie. Il peut être classé comme l’un des Maîtres contemporains de l’imaginaire. En France depuis 1994, il commence à être apprécié du monde de l’art par sa remarquable facture. Influencé par sa mère qui lui inculque l’amour du dessin mais déjà très précoce de façon innée, il prend ses premiers cours de dessin dès l’âge de neuf ans. Après ses études secondaires, il fait son service militaire qui lui permet de rencontrer des élèves de grandes écoles alors difficiles d’accès. C’est ainsi qu’il va pouvoir accéder à l’une d’elle.

 

Cependant, c’est à Paris que Micha ARKHIPOV va trouver sa voie. Confiant en sa réussite, il commence par s’intéresser à l’art abstrait pour plaire à un large publique. Mais en visitant le Louvre, il découvre l’art hollandais du XI ème et XII ème siècle et comprend alors que son style est résolument figuratif.

 

Ses Maîtres lui ont enseigné l’observation et l’amour de la nature et il décide de revenir aux paysages si chers à sa sensibilité première. Son imagination débordante va lui donner l’envie d’atteindre un certain surréalisme, mais sa douceur romantique font que ses œuvres soient dénuées de toute agressivité et empreints d’une certaine poésie. Il n’y a pas de recherches vulgaires dans les formes et les couleurs. Micha ARHIPOV s’attache à respecter les méthodes classiques face aux tendances artistiques actuelles poussées à leur paroxysme.

 

Ce grand artiste qui affectionne aussi le symbolisme travaille également à la restauration d’icônes religieuses car il croit profondément à l’inspiration divine. Ses expositions de par le monde sont très  remarquées et ses ventes aux enchères sont remarquables.

 

Rencontrer Micha ARKHIPOV, c’est aussi rencontrer la sincérité. A la fois anticonformiste et mystique, il nous entraîne dans un monde imaginaire bien à lui et nous fait partager ses rêves de voir un jour la beauté des êtres et la pureté des âmes bienfaisantes récompensées dans une ultime et sublime reconnaissance de la vie dans ce qu’elle a de plus pur et de plus beau.  

 

 

Gérard GOUVRANT

 

Né en 1946 à Paris, Gérard GOUVRANT n’a cessé de dessiner depuis l’école primaire, noircissant ses cahiers d’écolier. A l’âge de quatorze ans, il va approfondir les techniques du dessin grâce à un professeur en retraite et cela pendant trois années consécutives. A dix-huit ans, il commence à peindre sur des toiles avec de la peinture acrylique mais celle-ci, trop rapide au séchage et sans possibilité de modelé ne va pas lui plaire.

 

Gérard GOUVRANT va donc passer progressivement de l’acrylique à la peinture à l’huile en 1966. Il a alors vingt ans et peint la nuit car il travaille le jour. C’est en 1971 qu’il va rencontrer Mademoiselle Montag, compagne du peintre Jean Eve. Celle ci va le conforter dans son talent de dessinateur.

 

Gérard GOUVRANT laisse alors libre cour à son tempérament. Ses toiles vont devenir plus charpentées et ses sujets plus « cerclés ». Ses thèmes de prédilection sont des paysages mais aussi des portraits de femmes. Il peint sur de grands formats avec une gestuelle magistrale.

 

En 1972, Gérard GOUVRANT consacre sa vie à la peinture et décide d’en faire son métier. Il remporte déjà un vif succès auprès des galeries. Ses thèmes deviennent plus contemplatifs et mélancoliques comme ses paysages de Bretagne mais ses couleurs restent vives. Il expose au Centre Européen d’Art  et Marcel Spilliaert, expert en la matière, va le dynamiser.

 

Gérard GOUVRANT est un artiste d’un exceptionnel talent car sa facture, figurative par excellence, est résolument moderne et son style étonnant de dextérité. Il est sans conteste l’un des Maîtres de l’Art Figuratif Contemporain.

 

 

Marie-Claire D’ARMAGNAC

 

Peintre de l’imaginaire et du surréalisme, Marie-Claire D’ARMAGNAC nous étonne par son voyage intérieur, spatiotemporel et la poésie qui s’en dégage. A la fois magique et enchanteresse, toute son œuvre est tournée vers la contemplation du surnaturel tout en restant proche de la réalité et de la nature.

 

Le merveilleux côtoie le rêve et les couleurs, tantôt à dominante froide ou chaude mais toujours imprégnées de sa Corse natale, sont en harmonie avec l’esthétisme fondamental de sa facture figurative à la fois précise et sporadique qui nous entraîne dans les méandres de son imagination narrative et narcissique au sens le plus noble du terme. Tout son être est tourné vers un moi intérieur qui nous dévoile un esprit rempli d’images idéalistes et indélébiles de la vie telle que nous voudrions qu’elle soit.

 

Marie-Claire D’ARMAGNAC a exposé en 2008 à la Galerie d’Art du Vexin de Vigny. Que de chemin parcouru depuis l’année 1978 où elle fut remarquée et primée ! Les expositions se sont succédées à travers de nombreuses galeries en Allemagne, en Espagne, en Grande Bretagne, en Suisse, au Canada, aux Etats-Unis d’Amérique, en Nouvelle Calédonie, au Japon, en Chine. Elle a réalisé des décors de théâtre pour des Opéras et des Opérettes et pour bon nombre d’établissements publics.

 

Regarder l’œuvre de Marie-Claire D’ARMAGNAC, c’est plonger dans la féerie des couleurs mais également dans un voyage intemporel au pays des Contes de Fées où le mot beauté prend tout son sens et la sensualité féminine devient palpable.

 

 

Corinne POPLIMONT

 

Corinne POPLIMONT est certainement l’une des plus talentueuses aquarellistes de notre temps. Elle est probablement née avec des crayons pour maîtriser à ce point le dessin. Née en 1966 à Pontoise, elle obtient en 1985 un diplôme d’expression visuelle à l’Ecole Supérieur des Arts Appliqués Duperré à Paris.

 

Peintre figuratif par excellence, elle donne volontiers des cours tant elle aime initier ses contemporains au plaisir de transcrire la nature sur le papier et communiquer sa passion. Elle est aussi et sans conteste, un grand Maître aquarelliste mais elle enseigne également le pastel sec et l’acrylique. Sa façon de jouer avec la lumière et de restituer la beauté d’objets simples par le truchement de la perspective, qui nous invite à entrer dans un monde réaliste mais à la fois poétique et chaleureux, est tout à fait singulière.   

 

Corinne POPLIMONT ne compte plus ses titres honorifiques et ses distinctions. En 1998, elle est nommée Commandeur des Arts et Lettres par la Fondation Européenne. Intervenante extérieure dans les séjours « Art’prentis nature » de la nouvelle école Nicolas Hulot pour la nature et l'homme au coeur du parc animalier et botanique de Branféré sur la commune de Le Guerno, elle fait découvrir aux enfants l'apprentissage du dessin et de la peinture.

 

L’œuvre de Corinne POPLIMONT a fait l’objet de nombreux reportages et de nombreuses expositions. Ses couleurs sont d’une transparence à couper le souffle. Sa facture est incomparable dans l’art de manier le pinceau et de doser les quantités d’eau. Que ce soit « dans l’eau » ou « à sec », elle peint avec une incroyable dextérité. Ses sujets sont enlevés avec maestria et traduits en un « trompe l’œil » étonnant. 

 

Mais au-delà de son œuvre et de son talent, Corinne POPLIMONT est une jeune femme charmante et sympathique. Elle est par-dessus tout amoureuse de la vie et de la nature avec qui elle fusionne totalement lorsqu’elle aborde un motif et nous communique sa chaleureuse vision du monde qui l’entoure. Sans cesse au travail, que ce soit pour dessiner, peindre ou même préparer ses encadrements, elle sait néanmoins profiter des bons moments de la vie autour d’un repas convivial entre amis ou encore  en préparant son pain. D’un tempérament chaleureux, elle aime partager ces bons moments et nous invite dans sa propriété en Bretagne à vivre quelques instants de bonheur dans l’un de ses quatre gîtes implantés à 800 mètres du parc de Branféré.

 

Corinne POPLIMONT nous invite aussi à découvrir son livre « Invitation à l’Aquarelle » préfacé par Nicolas Hulot. Je ne saurais trop vous le conseiller.    

 

 

Christiane RUIZ-JANCOVIC

 

Christiane RUIZ-JANCOVIC est d’origine espagnole et née en Algérie. Sans doute influencée par la lumière et les couleurs de ce pays, elle commence à peindre très jeune. A quatorze ans, déjà très douée pour le dessin, elle suit des cours de peinture avec un peintre espagnol. C’est ainsi qu’elle apprend la composition, l’influence et le jeu de la lumière sur les valeurs.

 

A dix-huit ans, elle quitte son pays natal pour la métropole. Elle continue à copier des tableaux de maîtres comme lui avait conseillé son professeur, pour se « faire la main » mais les enfants et son travail occupent tout son temps.

 

Ce n’est qu’en 1989 qu’elle se consacre entièrement à la peinture. Elle n’arrête plus de peindre mais, cette fois, des œuvres personnelles laissant éclater son imagination. Passant successivement du figuratif à l’abstrait en passant par le symbolisme, ses thèmes de prédilection étant des marines ou des femmes voilées inspirées par les souvenirs de son enfance. En 1992, elle expose pour la première fois à Deauville et le succès est au rendez-vous. Elle obtient le 2ème prix.

 

Depuis, Christiane RUIZ-JANCOVIC n’a cessé d’enchaîner les succès et les prix au cours de ses nombreuses expositions dans le monde. Sa peinture nous invite à la rêverie. L’harmonie des couleurs nous dévoile ses talents de coloriste et ses couleurs chaudes nous entraînent dans son monde où la nostalgie se mêle ou côtoie l’enchantement de sa facture moderne mais figurative.

 

Nous avons pu rencontrer Christiane RUIZ-JANCOVIC à l’Office du Tourisme de l’Isle-Adam en 2008. Cette invitation au voyage était fascinante de réalisme au cœur d’une facture abstraite et symbolique. Le mélange des genres est tout à fait singulier et propre à cette artiste mais de bon aloi pour le plaisir des yeux.   

 

Je vous donne rendez-vous pour une prochaine chronique à la découverte de talents connus et reconnus, mais aussi méconnus ou inconnus et parfois même « cachés », pour que vive l’Art et les artistes qui ont autant besoin de reconnaissance que nos amis Poètes qui constituent par le verbe une puissance salvatrice face à notre monde violent et impitoyable ou « la raison du plus fort est toujours la meilleurs ». 

 

                                       

Par Jean-Marc RIVES
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Mercredi 27 mai 2009

 

LE DESSIN AU PIED DE LA LETTRE

 

Le talent ne s’apprend pas, certes il est inné, mais c’est l’amour le rêve et la passion qui sont à l’origine de toute création. De même, c’est la volonté, le courage, la persévérance, la foi et la confiance en soi qui peut faire « déplacer des montagnes » et réussir pleinement tout ce que l'on entreprend. Si, par bonheur, le ciel nous aide un peu, alors on peut atteindre les « sommets de la création », car nous ne sommes que les humbles serviteurs de cette magnifique « impulsion créative » qui nous pousse, mystérieusement, à atteindre les méandres de sa magnificence et de son génie créateur.

 

L'Art est avant tout une « expression libre » et plus elle est spontanée, plus elle gagne en originalité. « Ce n’est pas parce qu’on ne sait pas que l’on n’ose pas, mais c’est parce qu’on n’ose pas que l’on ne sait pas » disait Sennec. Il est vrai que toutes les inventions qui ont révolutionné l'humanité ont été le fruit de gageures et de défis...  Oser dire ! Oser faire ! En choquant parfois mais toujours de manière positive et sans agressivité. Les artistes, à l’instar des grands inventeurs et des grands philosophes, ont à leur manière révolutionné l’humanité en apportant leur vision du monde et celle de la condition humaine.

 

A l’aube de l’humanité, les premiers hommes savaient dessiner sans avoir jamais appris. Leurs facultés d’observation, décuplées par un instinct de survie,  faisaient qu’ils savaient représenter les animaux ainsi que les scènes de chasse avec une étrange habilité et avec beaucoup de réalisme. Le dessin était pour eux un mode d’expression et de communication, bien avant la parole. On peut dire que c'est lui qui fût la toute première écriture et le premier moyen de communiquer mais aussi l’avènement des toutes premières « œuvres d’art ». Peu à peu, au fil des siècles, on a voulu « simplifier » le dessin et on a créé la lettre par le biais des hiéroglyphes et autres signes cabalistiques. En fait, petit à petit, on a codifié le dessin en créant la lettre mais on ne fit que compliquer les choses.

 

L’alphabet est né, mais avec lui « l’analphabétisme ». Aujourd'hui, on oblige l'humanité tout entière à savoir écrire pour communiquer… et dans des langages différents ! Il faut donc être très érudit pour savoir communiquer dans toutes les langues. Que de complications alors que le Dessin, lui, est une langue universelle qui se suffit à elle-même et n’a pas besoin d’être traduite pour être comprise par tous les peuples du Monde !

 

Les tous petits commencent toujours à communiquer par le dessin dès l’école maternelle et l’écriture vient ensuite, en toute logique. La calligraphie, encore en usage dans certains pays tel que le Japon, est une preuve concrète et « vivante », d’ailleurs, que le dessin est bien le précurseur de la Lettre et se confond parfois avec elle. Le dessin traduit le visuel alors que l’écriture traduit le verbe, bien que tous deux traduisent l’émotion, l’imaginaire et l’image appelée « métaphore » en écriture. Il y a donc là un paradoxe que de dire « je ne sais pas dessiner » lorsqu’on sait écrire et c’est une fausse idée qu’il faut combattre en se disant : « Si je sais écrire, je sais dessiner », sachant que le dessin est quant à lui une « écriture libre» par laquelle on pourra s’exprimer avec beaucoup plus de spontanéité !

 

Cependant, « libre » ne signifie pas « anarchique ». Il y a des règles à respecter dans toutes les disciplines et le dessin n’y échappe guère. Ces règles ne sont pas grammaticales mais obéissent aux lois de la physique et de l’observation de la Nature depuis l’antiquité par des physiciens, des artistes, des architectes et des philosophes tels que Vitruve, architecte romain né en 88 avant Jésus Christ ou Platon, philosophe grec né en 347 avant Jésus Christ. Elles sont fondamentales pour créer un équilibre harmonieux qui réponde aux canons de la beauté. Ces règles répondent d’ailleurs aux mêmes critères d’harmonie que l’on retrouve dans toutes compositions, qu’elles soient littéraires, musicales, architecturales, sculpturales ou picturales. Chacun possède sa propre écriture, selon son propre caractère et sa propre personnalité et c’est donc sa personnalité qui forgera ensuite son style et non sa manière de faire « n’importe quoi », car il ne faut pas confondre spontanéité et désinvolture ou graphisme et œuvre d’Art !

 

De nos jours, on a trop tendance à mettre l’Art à « toutes les sauces » et à considérer que toute expression libre est de l’Art. L’Art dit « moderne » est devenu un « fourre tout » que personnellement je déplore. En fait, il n’en est rien, car l’Art appartient avant tout au domaine du Beau. Il est l'essence même du Bien et du Beau par sa mission constructive et créative. Par définition, l’Art est « la science de l’esthétisme ». L’esthétisme étant défini, lui, par la théorie du Beau, de l’équilibre et de l’harmonie et cette dernière par le rythme que l’on retrouve dans la Nature. L’Art doit être un plaisir pour l’œil et un bien être pour l’âme et le cœur. Il doit nous transporter dans le rêve dont nous avons tant besoin et non pas tourner au  cauchemar !

 

Dans cette rubrique, je voudrais vous présenter des artistes que j’ai sélectionnés pour la beauté de leurs œuvres mais aussi pour celle de leur âme. Certains ont un parcours chaotique, d’autres plus serins, mais tous ont un point commun : l’amour de la Nature et de la vie. Tous nous délivrent un message, inconsciemment ou non, le seul message qui vaille : celui d’amour, de paix et de fraternité entre tous les êtres qui peuplent notre si belle planète, par delà tous les clivages et les incertitudes. 

 

Liliane LOINTIER

 

Après un passage à l’Ecole nationale des Arts Décoratifs à Paris, Liliane LOINTIER s’est consacrée à la peinture figurative d’expression moderne. Ses techniques sont variées. Gouache, Pastel, Aquarelles et Huile sur toile qu’elle maîtrise parfaitement. Aussi bien dans ses Natures Mortes que dans ses Paysages ou encore dans ses compositions florales, on y retrouve une puissance créatrice généreuse et expansive en harmonie avec le tempérament de l’artiste mais qui reste fidèle à la Nature qu’elle sublime.

Son œuvre ne peut laisser indifférent. A mi-chemin entre l’art figuratif et l’art abstrait, elle nous offre toute une palette d’émotions suggérées. Puissance, émotion, harmonie, sont les termes qui me viennent à l’esprit lorsque je regarde les œuvres de cette  artiste aux mille et unes facettes.

 

Lucien GONDRET

 

Fort de son succès, Lucien GONDRET culmine aux sommets de l’Art contemporain par son charisme et son talent. L’hexagone est sa principale source d’inspiration mais il  a pourtant conquis les Etats-Unis depuis 1986, puis le Japon et la Chine. Ses œuvres sont exposées régulièrement à New-York, Nashville, Boston, Washington, Osaka, Shangaï et dans bien d’autres pays.

Bien sûr il expose aussi dans de nombreuses galeries en France et, en bon « petit gars du Vexin » comme il le dit lui-même, il expose aussi régulièrement à la galerie d’Art du Vexin de Vigny.

 Inscrit au Benezit et couvert de titres honorifiques, Lucien GONDRET reste très humble. Il affiche un air bonhomme et sympathique qui cache un travail acharné. Talent, travail et opportunités sont à l’origine de sa réussite. Sans cesse en action, il produit inlassablement des œuvres de qualité comme s’il était missionné par une force invisible qui le pousse inexorablement à peindre.

Né en 1941 à MARINES au sein d’une famille nombreuse il a passé son enfance à CHARS, petit village du Vexin français. Il commence à peindre dès l’âge de 16 ans sur des draps tendus que sa mère lui préparait pour l’aider dans sa passion déjà très affirmée et expose pour la première fois au Salon d’Automne de l’ISLE-ADAM. C’est alors qu’il rencontre Jean COCTEAU qui lui dit « Votre amour de cet Univers cruel de l’Art est déjà beaucoup, il est rare que le cœur nous trompe, écoutez le vôtre ». C’est ce que Lucien GONDRET va faire. Son amour de la Nature décuple en lui son instinct d’observation et il exécute des œuvres très remarquées dès son adolescence. « Quand l’Art s’éloigne de la Nature ce n’est plus au cœur qu’il s’adresse », dit-il.          

Dés lors il ne va plus s’arrêter de peindre et exposer tous azimuts, en France et à l’Etranger. Il peint le Vexin, bien sûr, mais aussi la Bretagne dont il en tombe amoureux au hasard d’un voyage. Elle va devenir son terrain de prédilection et sa source d’inspiration première pendant de nombreuses années. Ses ciels nacrés et la luminosité éclatante des maisons bretonnes y sont reproduits avec maestria dans les œuvres de Lucien GONDRET et les rochers apparaissent en relief selon une technique qui lui est propre. Le travail de la matière, au couteau, est très singulier lorsqu’il peint à l’huile mais ses aquarelles sont d’une transparence aussi étonnante et le dessin y est très précis. Petites barques à marée basse et bouquets de fleurs vont longtemps être son apanage.

Nommé Directeur du Service Culturel de la Mairie d’OSNY au Château de Grouchy, Lucien GONDRET va, parallèlement à son Art, rechercher des peintres pour la Galerie du Château et le Salon du Val de Viosne. Mieux que personne, il va offrir aux osnyssois des expositions de grande qualité. 

 A la retraite depuis peu, Lucien GONDRET est revenu à ses premières amours : le Vexin et a changé sa technique. « J’ai plus de temps pour peindre » dit-il et sa production est encore plus importante. Sa nouvelle technique consiste à laisser un temps de séchage plus long pour ses peintures à l’huile qu’il reprend ensuite par des glacis d’un très bel effet. Les villages du Vexin et la campagne y sont campés de manière magistrale en toutes saisons.

Lucien GONDRET est plus qu’un peintre naturaliste et figuratif d’expression moderne. Sa facture au couteau se situe à mi-chemin entre le cubisme, le réalisme et l’expressionnisme, ce qui lui confère un style authentique résolument « moderne » au sens le plus noble du terme.

 

Michel LENEVEU

 

Chaleureux et considérant tous les artistes comme sa propre famille, Michel LENEVEU préside le Salon de Printemps PRISME ET NUANCES de l’Iles-Adam qui a vu le jour il y a maintenant plus de dix ans. Il est aussi un aquarelliste d’un incroyable talent depuis plusieurs décennies. Son amour de la Nature lui a donné l’inspiration et le désir de peindre. Depuis plus de vingt ans, il expose en région parisienne et en Bretagne. Son bon cœur et sa gentillesse se retrouvent dans ses œuvres. On ne peut rester insensible à son Art parce qu’il est le reflet de son âme pure et généreuse. Une émotion intime s’en dégage et une pureté des sentiments qui nous imprègne d’une fraîcheur presque juvénile. Chaque œuvre de Michel LENEVEU est d’une sensibilité exacerbée par sa passion de peindre la beauté de la Nature.

Que ce soit des paysages d’automne ou d’hiver, des scènes de rue, des marines ou des nus, tout est traité en tons limpides et en tâches de couleur harmonieusement posées, directement « dans l’eau », sans artifice et sans fioritures inutiles. Michel LENEVEU a perfectionné sa technique d’années en années pour parvenir à une perfection du dessin remarquable et une facture qui nous va droit au cœur.

 

Daniel LAFORGE

 

Le dessin a passionné Daniel LAFORGE depuis sa plus petite enfance. Exprimer le mouvement, capter la vie et la transcrire sur une toile est pour lui une expérience qui a façonné sa vie d’artiste. Comment ne pas s’émouvoir devant ses œuvres hautes en couleurs et riches en émotions. Quelle beauté dans l’âme et quelle sensibilité faut-il avoir pour interpréter ainsi des atmosphères de joie, de musique ou de tauromachie à la gestuelle pathétique ou encore des bouquets remplis de fraîcheur.

Daniel LAFORGE aime la vie et la gigantesque palette de couleurs qu’elle nous offre. La peinture à l’huile est sa technique préféré parce qu’il peut travailler la matière et les reliefs à sa guise. Ses couleurs sont chaudes comme son cœur et ses lumières transfigurent son amour de la vie.                     

 

Aymeric NOA

 

Aymeric NOA est né à Montmorency en 1958 et peint depuis son plus jeune âge. Il expose à douze ans et remporte déjà un vif succès. A seize ans, il peint des portraits très ressemblants des membres de sa famille puis il apprend les techniques du dessin et de la peinture sur des ouvrages spécialisés. 

Son parcours est atypique et singulier. Il poursuit des études scientifiques universitaires jusqu’à l’âge de vingt trois ans et délaisse un peu son art mais il va très vite être « rappelé à l’ordre ».

En 1983, une vision lui annonçant la mort d’un être cher va contredire ses études cartésiennes et le faire entrer dans un monde mystique.

Il étudie alors l’Astrologie, la Graphologie et la Psychologie au Conservatoire National des Arts et Métiers et ses œuvres vont essentiellement faire référence à la représentation des signes astrologiques.

En 1992, il subit avec beaucoup d’émotion la disparition de son père qui va lui apparaître et même lui parler après la mort. Il devient alors « médium » et communique avec lui par la technique du « dessin automatique ». Les années 1992 et 1993 vont nous donner des œuvres telles que « Spiritus », « Envol d’une âme » ou encore « Mon enterrement ».

Fasciné par l’au-delà et le paranormal, il commence à écrire un livre sur le sens de la vie et de la mort qui ne verra jamais le jour et ce n’est qu’en 1997, à l’âge de trente neuf ans, qu’il décide d’embrasser le métier d’artiste peintre. 

Hélas, le destin va en décider autrement car il est frappé par une infection post-opératoire à la suite d’une intervention chirurgicale en 2001 et se retrouve dans un fauteuil roulant, incapable de peindre et coupé de la société.

A force de patience et de courage, il va peu à peu retrouver son chevalet et nous donner des œuvres dans lesquelles il va sublimer son amour du Beau et de la vie dans tout ce qu’elle comporte de lumières et de couleurs.

A travers son art, nous découvrons la sensibilité d’un homme meurtri mais qui nous délivre un message d’espoir et d’amour qui transcende ses souffrances pour nous apporter la joie et le plaisir de vivre tout en s’interrogeant sur la mort. 

 

Anne LEONARD   

 

Née à FONTENAY AUX ROSES en 1964, Anne LEONARD est certainement l’une des artistes les plus hétéroclites dans sa façon d’exprimer tout ce qu’elle porte en son cœur par le truchement de la peinture à l’huile. Bretonne par ses parents et libanaise par sa famille adoptive, elle en a gardé le caractère bien trempé et l’âme chaleureuse qu’elle projette sur ses toiles à sa manière.

Passionnée par la vie et l’œuvre de Camille CLAUDEL, elle commence par étudier la sculpture aux Beaux Art mais va se tourner très rapidement vers la peinture à l’huile qui lui permet de travailler la matière au couteau et à la spatule tout en y ajoutant les couleurs de son enfance.

Sa facture est admirable dans la précision du trait et la lumière qu’elle évoque avec beaucoup de réalisme. Les drapés sont tactiles et les glacis intenses.

Anne LEONARD a créé un art nouveau, entre réalisme, symbolisme et abstrait. Nous découvrons dans son œuvre la sincérité de l’artiste par ce désir de nous transmettre sa passion et ses souvenirs d’enfance même s’ils sont parfois suggérés et à peine évoqués. 

 

Bernard FIDELER

 

Après avoir longtemps travaillé en solitaire dans son atelier et exposé avec parcimonie au hasard des salons,  la carrière de Bernard FIDELER démarre en 1998 lorsqu’il expose à la Galerie de Passy. Son succès fulgurant et mérité le propulse sur le devant de la scène et lui donne encore plus d’énergie pour nous offrir une œuvre exceptionnelle par sa beauté et sa chaleur.

Ses nus féminins, d’abord campés de manière magistrale avec une précision du graphisme qui démontre une parfaite connaissance du dessin, nous entraînent peu à peu vers une sensualité suggérée, en suspension dans le cosmos, comme s’ils étaient l’émanation d’un rêve ou d’un fantasme.

Bernard FIDELER travaille la peinture à l’huile avec douceur, à l’instar de la douceur de ses personnages. Tenté par l’abstrait mais résolument figuratif par la beauté des êtres qu’il représente, ses œuvres sont hautes en couleurs et emplies de chaleur. Elles sont à la fois charnelles et pudiques. La sensualité d’un genou ou le galbe d’une cuisse suffit à provoquer le but escompté : la beauté charnelle.

 

Catherine DE KERHOR

 

Catherine DE KERHOR possède une maîtrise de gestion mais c’est l’univers de la mode qui la passionne. Après avoir obtenu un diplôme à l’institut français de la mode elle se tourne vers l’histoire de l’art puis s’oriente vers la poterie.

Le plaisir du modelé la conduit irrésistiblement à la sculpture. Fascinée par l’harmonie des corps, elle entreprend des sculptures en terre cuite puis en bronze.

A l’apogée de son art, Catherine DE KERHOR expose ses nus figuratifs dans des lieux prestigieux comme le Salon des Artistes indépendants et le Grand Palais. Ses œuvres très expressives nous font sentir le plaisir de malaxer la matière. Elles sont emprunts d’un charme et d’une sensualité palpable.

 

Daniel BOCIAN     

 

Daniel BOCIAN est né en 1952 dans la région parisienne. Très tôt, il est attiré par la mode et la couture. Le destin va en décider autrement car il est orienté bien malgré lui vers la chaudronnerie. Mystérieusement, cette orientation va susciter en lui une passion et cette passion « prédestinée » va dévoiler un talent d’artiste incomparable. 

Les sculptures de Daniel BOCIAN « réduites à leur plus simple expression » traduisent le mouvement et la vie d’une manière extrêmement réaliste.

Le métal est découpé, chauffé à la forge ou au chalumeau puis martelé. C’est là que l’artiste se substitue à l’artisan pour interpréter des personnages « vivants. »    

Daniel BOCIAN est un homme qui aime la vie sous tous ses aspects et tout le monde se retrouve dans ses figurines anonymes tant les attitudes sont universelles.

Les gestes sont tendres, affectueux et sensibles. Ce sont des instants de vie figés dans le métal, un matériau pourtant froid au départ mais qui devient chaleureux comme l’artiste lorsqu’il est travaillé.

Voir les œuvres de Daniel BOCIAN, c’est découvrir la vie à travers le métal mais surtout l’harmonie des formes parfois presque sensuelles que l’artiste nous dévoile avec un talent admirable.

 

Hélène COLLIER   

 

Hélène COLLIER, alias Léna, est une artiste d’une très grande sensibilité et d’une très grande humilité. Son travail est remarquable et son talent indéniable. Pourtant, elle s’ingénie à minimiser ses créations.

Léna nous offre des compositions florales d’une beauté exceptionnelle qu’elle exécute à l’aide de pétales qu’elle recherche et qu’elle trie de façon à ne garder que les plus beaux. Elle les agence ensuite sur un support cartonné et les place de façon harmonieuse pour qu’ils représentent un bouquet de fleurs dans un vase ou encore un papillon, un oiseau et bien d’autres motifs. Elle encadre le tout sous verre et y rajoute parfois un poème.

Ses compositions font appel à plusieurs techniques créatives cumulées. D’abord pour la recherche, le trie et la préparation des pétales. Ensuite pour l’idée du sujet et sa mise en place et, enfin, pour l’encadrement.

Son amour et sa passion pour les fleurs, depuis de nombreuses années, ont inspiré son génie créatif et l’ont amenée à réaliser des œuvres très raffinées, avec beaucoup d’habilité et de minutie, pour le plaisir de l’œil et la sérénité du cœur.   

 

    

Je vous donne rendez-vous pour une prochaine chronique à la découverte de talents connus et reconnus, mais aussi méconnus ou inconnus et parfois même « cachés », pour que vive l’Art et les artistes qui ont autant besoin de reconnaissance que nos amis Poètes qui constituent par le verbe une puissance salvatrice face à notre monde violent et impitoyable ou « la raison du plus fort est toujours la meilleurs ». 

 

 

Par Jean-Marc RIVES
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